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    Nous revenons à Kigali. Rendez-vous est pris avec un nouvel arrivant, l’abbé Ildephonse, qui vient nous chercher pour nous emmener dans la paroisse de Rutonde. Nous avons quitté la première paroisse de Rwaza de 1902, pour retrouver la dernière paroisse créée il y a un an tout juste, le 26 novembre 2017. Avec lui nous retrouvons la petite école du bout du monde, en haut de la colline. 
     
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       Comme nous sommes en vacances, seul le directeur Jean-Paul nous accueille. Là, c’est le choc : désordre, saleté et délabrement dans les classes maternelles nous font un très mauvais effet. Il faudra un entretien avec Jean-Paul et l’abbé Ildephonse pour comprendre ce qui ne tourne pas rond.
     

    retour à Rutondé.... LE CHOC

    Notre réunion 

     
    Nous relevons surtout une instabilité des enseignants qui s’explique par un très faible salaire, un encadrement insuffisant et l’attractivité des écoles privées fréquentées par un public moins pauvre et dont le niveau des minervals permet un meilleur salaire. Jean-Paul est visiblement débordé par une charge qu’il remplit gratuitement depuis 2 ans, alors que son école primaire lui cause des soucis et requiert l’essentiel de son temps et de son énergie. Ses déplacements quotidiens de 4 heures par jour viennent rendre sa tâche impossible.
     
     
    De retour à la paroisse, l’abbé nous fait part de son encouragement au travail de l’association et à son souhait de la voir continuer sa mission de soutien à l’éducation des tout petits. C’est lui-même qui prendra la responsabilité de l’école maternelle et de s’occuper des enfants qui vivent souvent des situations familiales et sociales difficile dans cette lointaine banlieue de Kigali. Nous viendrions désormais en appui pour former les enseignants, fournir du matériel scolaire et des jeux, dans la mesure de nos moyens limités. Nous attendons un prochain passage avant toute décision du CA.
     

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  • Nous laissons Gisenyi pour rejoindre Rwaza aux pieds de la chaîne des volcans des Virungas.

    RWAZA résiste

     
    Chan y a créé la petite école Sainte Marie des Anges il y a 2 ans. L'abbé Narcisse nous accueille dans sa très ancienne paroisse fondée en 1903.

    RWAZA résiste

    En sa compagnie, nous visitons la section maternelle où les enfants reçoivent leurs bulletins. Bien vite un attroupement se forme et Chan entre en contact avec les enfants. Elle lance des chants du répertoire enfantin et ils enchaînent en chœur, avec le même entrain que nous leur connaissons partout.

    RWAZA résiste

    Nous passons dans les classes où Chan retrouve avec bonheur les signes d'une pédagogie vivante, les affichages et les rangements de classes où il doit faire bon vivre. Comme c'est chouette de voir qu’un travail de formation réalisé 2 ans auparavant a laissé des traces. Ce qui est semé a porté des fruits et Chan envisage d’y revenir bientôt en compagnie de Bernadette Fosset qui arrivera le 22 novembre pour prendre la relève de Freddy. Nous leur laissons une partie du matériel pédagogique apporté par Françoise et Christiane à Gisenyi. Dans les deux classes, il manque encore des livres et des jeux. Ce sera pour la prochaine visite.

    RWAZA résiste 

    Dans le fond, et sur le côté droit, on peut apercevoir les bâtiments fermés

     A côté de l’école maternelle, nous remarquons des bâtiments inoccupés. L’abbé Narcisse nous raconte qu’il s’agit des bâtiments de l’ancienne école primaire fermée suite à une décision du Ministère de l’Education Rwandais. La blessure est encore vive car son visage s’assombrit. Nous n’insistons pas par délicatesse, mais nous nous rendons compte de plus en plus que nous sommes loin d’être les seuls à avoir fait cette pénible expérience l’an dernier. Les élèves ont été accueillis à l’école voisine de l’Etat, mais au niveau d’enseignement faible. Paradoxe : alors que le taux d’échec aux examens d’Etat de fin de primaire est élevé, les anciens élèves de l’école primaire de son école ont presque tous réussi et sont parmi les meilleurs classés.
     
    Mais que deviendra le niveau de ceux qui ont quitté l'école et les petites classes ?
     
     
     
     
     
     
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  •                                                   Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    Après un voyage qui nous a fait traverser le Rwanda d’Est en Ouest, nous sommes arrivés à Gisenyi le 1er novembre, tard le soir. En chemin, nous avions fait halte à Kigali pour déposer les valises d’artisanat qui partiront en Belgique avec Freddy et charger les valises destinées à l’école Saint François d’Assise du lac Kivu. Nous emportions aussi une grosse trentaine de tabourets fabriqués par l’atelier Cœur de Marie de Nyagahanga pour l’école de Gisenyi. Un vrai traffic…

    Nous passons la nuit au monastère de Kigufi pour y participer à la messe des défunts du 2 novembre à l’intention de Sarahmoon. Le prêtre officie en Kyniarwanda mais s’exprime en français lorsqu’il fait mémoire de la fille bien aimée de Chan.

    Nous nous installons ensuite près du Lac Kivu à côté de l’école. Nous sommes accueillis par Aristide, le dévoué directeur, et les deux enseignantes avec qui nous faisons connaissance, car elles sont nouvelles. Nous saluons aussi Vestine, la femme d’ouvrage, qui nous présente sa petite Mélissa née prématurément en juin. Nous pensions donc qu’elle avait 4 mois. Mais au Rwanda on ne compte pas les mois en couveuse, c'est la date de sortie de couveuse qui compte.

    Elle n’en a donc que 3…

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     Le lendemain, nous assistons à l’accueil des enfants par les enseignants. Les chants de salutations accompagnés de gestes et de mouvements dansés se succèdent, en kyniarwanda, en français et en anglais. Ensuite, on rentre en classe en file ordonnée.

    Nous passons dans chaque classe et assistons aux leçons. Malgré une certaine habitude de ce genre de visite, notre admiration reste intacte pour ces enseignantes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes et, bien qu’elles soient nouvelles, appliquent la méthode Montessori en y ayant été initiées par Aristide, le directeur. Les petits rwandais nous étonneront toujours par leur participation docile et la stabilité de leur attention lorsqu’ils sont dans les conditions pédagogiques et environnementales optimales que nous pouvons leur offrir grâce à vous.

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

    Nous avons reçu la visite d’Alain et Marie, un couple d’amis de Chan qui habitent Kigali.

    Ils étaient accompagnés de Françoise et Christiane, deux institutrices chevronnées. Venues de Belgique, elles ont apporté du matériel pédagogique neuf, varié et abondant. Après un temps d’observation, elles ont mis la main à la pâte en s’installant au milieu des enfants et en leur racontant très expressivement l’histoire d’un loup qui aimait qu’on lui dise qu’il est le plus fort jusqu’au moment où la rencontre d’une maman dragon le ramène à plus de modestie. Les enfants, agglutinés sur un tapis autour de la lectrice, l’écoutaient médusés, sans que la langue française, traduite par Aristide, ne constitue le moindre obstacle à leur attention.

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    La fête de fin d’année s’est déroulée selon le rituel traditionnel : discours de bienvenue d’Aristide, brèves allocutions de Chan et de Freddy, présentation ludique des savoirs et savoir-faire et aptitudes corporelles des enfants sous forme de chants, récitations, danses et jeux, en solo ou ensemble. Distribution des bulletins par les enseignantes et épinglage d’un pin UNICEF sur l’uniforme de chacun par Aristide. Après avoir reçu une banane et un quartier de papaye, chaque enfant regagnait ensuite sa place sur le tapis central.

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution  

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution                         Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution   

    Dans nos interventions, nous avons mis l’accent sur la responsabilité éducative et le devoir de prise en charge des enfants par les parents. Au cours des conversations qui ont suivi la fête, plusieurs parents dont les enfants sont en âge d’entrer à l’école primaire sont venus nous dire leur satisfaction et leur désir de voir leur enfant continuer des primaires du même niveau. « Lorsqu’ils sortent d’ici, nos enfants sont du niveau des 2èmes ou 3èmes primaires dans l’enseignement d’Etat et y perdent leur temps…Au bout de quelque temps, ils y perdent même leur niveau. Pourquoi n’ouvrez=vous pas une classe de 1ère primaire ? ». L’argument est pertinent et nous touche. L’expérience passée nous amène cependant à maintenir notre choix de nous limiter au niveau maternel, mais nous les incitons à prendre eux-mêmes en main l’ouverture d’une 1ère primaire, non sans les assurer de notre soutien actif au niveau du matériel et de la pédagogie. Notre association n’a pas l’envergure nécessaire pour faire davantage. Cela nous donne l’occasion de souligner la nécessaire et urgente prise de conscience des adultes et l’importance de l’initiative parentale dans l’avancée éducative de leurs enfants. Tout ne dépend pas que de l’Etat et des ONG. Un changement de mentalité est incontournable de leur part. Accueil souriant mais encore mitigé de nos interlocuteurs…Pour faire un monde, mon Dieu que c’est long... L'important est de rester en chemin ensemble. 

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    Le soir, un entretien cordial avec Jean de Dieu, le vicaire de la paroisse de l’école, nous conforte dans notre volonté de responsabilisation parentale. Depuis la fondation de l’école il y a 4 ans, trop de parents éludent le minerval de 4000 frw (4€) qui leur est demandé mensuellement pour payer, dans la mesure du possible, le salaire des enseignants.  Ils connaissent le bon cœur, voire la culpabilité, des muzungus (blancs) que nous sommes qui n’auront pas la fermeté nécessaire pour exiger le minimum requis ou mener l’enquête sociale qui s’imposerait pour dispenser les parents vraiment nécessiteux. Nous compliquons ainsi sans le vouloir la mission d’Aristide qui est parfois obligé par Chan de reprendre le lendemain des enfants qu’il avait renvoyés la veille.

     

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    Jean de Dieu nous propose de laisser davantage Aristide, épaulé par lui-même, prendre en charge cet aspect difficile à gérer de loin. Il approuve aussi la décision de notre CA de confier à l’institution qui parraine les enfants pauvres de notre école le soin d’opérer la sélection des familles bénéficiaires d’un minerval par ce qui s’appelle à juste titre « la compassion ». Nous constatons que là où les paroisses ont en main la propriété des bâtiments et l’inscription de nos élèves les choses tournent mieux. Beau programme qu’il ne reste plus qu’à mettre en œuvre. Nous y sommes décidés dans l’intérêt de tous, y compris de celui de la durabilité de notre modeste action.

     

     

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  • Vendredi 26 octobre. Nous arrivons sans encombre à destination, Nyagahanga.

     

    ;;Mission 9 part 2

     

     

    Mission 9 part 2

    Quelques mères et des enfants nous attendent devant l'atelier et nous embrassent joyeusement.  

    Un peu plus loin, les enfants des classes de l'après-midi sont en rang, avec leur instituteur et leurs institutrices. Les chants de bienvenue fusent, dans lesquels nous reconnaissons nos prénoms. Une danse accompagne les chants et les petits pieds qui battent le sol soulèvent un léger nuage de poussière. Chan leur adresse la parole pour les remercier et leur annoncer qu'elle passera les visiter dans les classes lundi. 

    Mission 9 part 2

    Mission 9 part 2 

    Manu, le gardien de nuit et jardinier, nous montre le jardin. Des légumes divers y poussent, papayes, patates, carottes, dodos, sorte d'épinards, etc. avec des fleurs par-ci par-là.

    Il y a même un nid d'oiseaux dans un des arbres.  

    Mission 9 part 2

    Nous remarquons aussi, hélas, des déchets de plastique, bouteilles, films plastique, tube de dentifrice vides, et même une claquette !

    Cela ne leur pose visiblement aucun problème. Il reste un important travail de sensibilisation à faire. Un peu plus loin, le socle des nouveaux wc inachevés attend ses murs et son toit. 

    Ensuite nous nous rendons à la paroisse Notre-Dame d'Espérance où l'Abbé Deogratias et ses trois confrères nous attendent avec le même esprit d'hospitalité généreuse que les années précédentes.

    Mission 9 part 2

    Nous visitons les classes de l'après-midi.

    Nous trouvons l'état général très satisfaisant et conforme à ce qui a été appris dans les formations données par Chan.

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    Le samedi et le dimanche sont consacrés entièrement aux mères célibataires, toujours aussi heureuses et fières de nous montrer leurs productions. Les sacs, les plateaux, les boîtes, les agasakés, etc. nous apparaissent de plus en plus aboutis et raffinés. Elles font la file pour nous vendre ce qu’elles ont fait.

    Nous leur donnons des dizaines de tabourets usés de l'école à réparer. Nous les informons qu'un chocolatier de Musanze leur passe commande de dizaines de boîte en feuilles de bananier. S'il est content, d'autres commandes suivront et viendront leur assurer un revenu plus régulier.

    Avec empressement, chacune s'y met, sous la direction de Solange, très douée et rapide, qui leur montre comment faire.

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    Mission 9 part 2 

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    La distribution des vêtements aux enfants et aux mamans et aux veuves est toujours un moment attendu. Chacune, tour à tour, vient choisir trois vêtements pour elle et pour son enfant. 

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    Mission 9 part 2Mission 9 part 2

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      Anouarite est rayonnante : sa petite Nicole ne doit plus porter l'appareillage orthopédique qui l'entravait l'an dernier. Elle nous remercie pour les soins que nous avons payés au cours de cette année.

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    Séraphine, dont vous vous souvenez peut-être qu'elle avait perdu ses deux jumeaux à la naissance, n'est venue que le second jour, murée dans le silence, visage prostré.

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    Les femmes nous racontent qu'elle vit seule, car son frère avec qui elle habitait est parti. Sa maison tombe en ruine et le propriétaire d'une maison voisine inoccupée où elle s'était réfugiée l'a battue. Nous devons faire quelque chose.

    Nous pensons à une opération "Un toit pour Séraphine". Nous vous en reparlerons.

    Justin, le maçon des nouvelles toilettes en cours de construction, nous demande une rallonge pour l'achèvement du chantier.

    Nous convenons de 50.000 frw. Il nous promet la fin des travaux pour la semaine suivante. Nous insistons : cela fait un an que les toilettes auraient dû être terminées, sur ordre de l'inspection. Les dizaines d'écoles fermées ces derniers temps prouvent que L'Etat ne badine pas avec cela.

    Il y aurait encore bien des choses à vous raconter. Restons-en là pour l'instant.

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