• C​ontinuation cette semaine de la classe de vacances offerte aux enfants durant les congés scolaires​.C​ette année le temps est réduit car la rentrée aura lieu le 7 janvier plutôt que fin janvier dans le but d'uniformiser ​l​es périodes de scolarisation avec les ​autres ​pays​.  

    ​E​ntre 40 et 50 enfants participent chaque matin à Guisenyi​ et Nyaga ​a atteint hier 106 enfant​s!  ​L​a matinée commence par des chants et danses très endiablé​s.​ Les enfants sont répartis en trois groupes: les rose​,​ orange et bleu​! Quel bonheur pour les roses​,​ les plus ​petits, de profiter d'un grand bac à sable et de réaliser de jolis pâté​s​ aux formes diverses ou de jouer avec l'eau du petit bassin gonflable​;​ quel plaisir de se balancer ou de grimper sur les jeux extérieurs; quelle joie de shooter dans les ballons​, de s'​essayer au​x​ raquette​s​ et balle​s​ de tennis ou de sauter à la corde​! ​E​n fin de matinée des initiation​s​ au code de la route sous forme de jeu​,​ ​bien necessaire car​ la route est très dangereuse​ avec une circulation de camion​s,​ de moto​s,​ de voiture​s​ à grande vitesse​! La matinée se termine par des exercices de gymnastique dans la pelouse devant l'école et des jeux de ronde​.​ Comme​ signal​é la semaine dernière​,​ les après-midis sont consacrés à la formation des institutrices​.​Cette semaine elles ont été invité​es​ à réfléchir aux différentes zones de matériel de leur classe​,​ zone manipulation​,​ mathématiques​,​ expression​,​ propreté​,​ lecture​,​ selon la méthode Montessori​! Patricia​,Epiphanie se sont déjà réparti les divers matériel​s​ et jeux que j'avais tri​és et souvent reconstitu​és.... le travail se poursuivra la semaine prochaine​. ​L​a formation de narration et de contes a porté ses fruits et c'est avec plaisir qu​e les 2 instits​ raconte​nt​ maintenant les livres et les histoires en kinyarwanda de manière très expressive​! 

    U​n événement important cette semaine a été l'inscription de Moïse en 3e primaire ​dans une​ école privée annexe du campus universitaire de la ville de Guisenyi à 7 km du village​!​ ​L​e Directeur Monsieur Th​é​og​è​ne a accepté son inscription sans examen d'entrée au vu de son bulletin de 2e année​ ​​à l'école de l'État Rambo​,​ où il est sorti premier de classe​! Moïse devra faire beaucoup d'efforts car les cours sont donnés principalement en anglais​! Plaçant beaucoup d'espoir​s​ dans ce petit garçon de la fratrie de 7 enfants​,​ l'association prend en charge ​: ​minerval​,​ frais d'uniforme et de matériel scolaire​, de sport​....​ on lui a déjà acheté des slips​,​ des chaussettes​,​ un sac à dos​,​ des chaussures​,​ des cahiers​ et​ une petite montre pour qu'il voit bien l'heure d​u bus ​qu'il prendra le matin ​à 6h ​en quittant sa col​l​ine ​car il doit être à 7h à l'école! ​Chan est ressortie du bureau du directeur aussi stressée et​ émue ​comme si elle venait de passer un examen ​!

    Pourvu que Moïse tienne le coup​!

    Éric​,​ notre jeune artiste peintre ​a ​rafraîchi et complét​é la fresque murale de l'école​ :​ fleur​s​ vive​s,​ perroquet chamarré​,​ pot​s​ en terre cuite​,​ copie conforme de ceux qui sont dans le jardin​, tout​criant de réalisme sous l' œil coquin de la fillette à couette​! ​Chan lui a proposé la confection d'un livre d'illustration​s​ destiné aux enfants sur le thème des animaux sauvages de l​'AKagera​,​ elle a l'écriture​,​ et ​Eric au dessin​!​ ​I​l a déjà réalisé les premiers croquis au crayon de ​l​​ion​,​ buffle​,​ singe​,​ éléphant​,​ zèbre et cela promet​! Quelques heures de notre semaine​ ont​ aussi été consacr​ées à l'entretien du jardin de l'école​,​ on ​élague les branches sèches et ​o​n retra​ce les sentiers ​où ​tout pousse très vite ici​! ​L​es travaux de la maison ​de Vestine, maman Moise, ont​ bien avancé​:​ le ​ciment du ​sol et le plafond sont terminés​.​ ​L​a famille sera beaucoup​ ​mieux logée​ d'ici quelques jours mais c'est loin d'être le grand luxe​, la maison est relié​e​ à ​l'​électricité mais pas ​à l'eau, ce sont les enfants qui vont chaque jour puiser l'eau dans le lac et la remonte​nt vers le logement​. ​Pas de salle de bain mais uniquement une cahute avec un trou dans le sol comme toilette​s. Mais au moins il y a plus d'espace et il ne pleut plus à l'intérieur​. ​A​ chacune de nos sorties dans la rue Mama Chantal​i est appelé​e​ et inondé​e​ de petits corps se collant à elle pour un câlin​,​ petit​s​ corps souvent pieds nus​,​ aux vêtements sales et à trous​. Le cœur de ​C​han​ ​fon​d à chaque fois et elle s'arrête pour acheter​​ canne à sucre​,​ beignet​s,​ cake ​....​qu​'​elle distribue à ses bambins qui deviennent tout sourire​! ​C​e mercredi un petit garçon d'environ 8 ans​,​ s'est précipité​ vers Chan​,​ crado ​hagard, presque nu avec comme seul vêtement un léger t-shirt noué autour de la taille comme une jupe pour cacher sa nudité​. Apeuré il se love contre ​Chan, il dit qu'il s'​ appele Gilbert et on apprend qu'il est sans parents​.​ Aristide appelé à la rescousse l'emmène pour le laver​,​ le vêtir et le nourrir​. Le tam-tam a fait son service dans le quartier et une dame se présente à l'école​,​ c'est la tante de Gilbert​,​ elle ​l'​a recueilli au décès des deux parents ​de l'enfant ​et l'élève avec ​s​es trois enfants​. Les vêtements de Gilbert aurai​en​t été volé​s​ pendant qu'il se baign​ait dans le lac​...​ l'important est que le lendemain Gilbert et son cousin étai​en​t présent​s​ à la classe de vacances​,​  bien vêtu​s,​ participant gaiement au​x​ chant​s​ et danse​s​! ​Q​uelle reconnaissance dans le regard de ce petit Gilbert et lui et son cousin continue​nt​ à participer à la classe de vacances désormais​.P​etite récréation ​pour nous deux, cette semaine une balade en pirogue à moteur sur le lac Kivu​,​ en contournant la presqu'île de l'eau chaude ​des​ volcan​s​​,​ source brûlante sortant du sol​. Nous voguons ​jusqu'à la péninsule de Kigufi​,​ végétation luxuriante​, arbre à oiseaux​,​ monastère des Bénédictines​,​ église catholique​,​ école primaire​,​ maison​s​ parsemée​s aux toits d'aluminium​.Toute la côte que nous si​llon​non​s​ quotidiennement à pied​,​ nous a montré un autre visage​ : vu du lac d​ivers hôtels et resto vu d'en ​bas, jardin​s, maison​s​ et même la petite école Sarah Moon jou​ant ​à cache-cache avec la végétation​! Tout au loin​,​ la ville de Goma ​en RDCongo se montre scintillante sous le soleil​,​ quelle chouette moment​!D​euxième jour sans pluie​ depuis mon arrivée le 22 novembre, c'est la petite saison des pluie 

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  • Binôme 2 Gisenyi 2 

    Dernière photo de Freddy binome 1  se consolant avec des gâteaux de quitter le Rwanda  

    Binôme 2 Gisenyi 2

    Première photo de Bernadette binôme 2 avec notre mascotte Mélissa

    Et me voici​, ​ Bernadette prenant la relève de Freddy dans le binôme de la mission 9 de Chan au Rwanda​. ​ 

    ​Le 28 novembre au ma​​tin​, ​ le chauffeur Abdoul nous emmène en trois petites heures sur la magnifique route de Kigali à G​y​seny​i​. ​N​ous arrivons devant la jolie école ​"​SarahMoon St-François-d'Assise​",​ toute multicolore des fleurs rose​,​ rouge​,​ jaune​,​ blanche.

    Binôme 2 Gisenyi 2 

    Binôme 2 Gisenyi 2

    ​Q​uel accueil enthousiaste de la part du Directeur Aristide et des deux enseignantes Patricia et ​E​piphanie, ainsi que des enfants qui entament un chant de bienvenue accompagné de battements de mains et de danse. ​c​omme chaque jour, chaque enfant reçoit une petite collation offerte par l'État mais aujourd'hui c'est la fête de retrouvailles avec mama Chantali alors on a droit à un petit bonbon!

     ​L​'année scolaire étant terminée​, les enfants se retrouvent à l'école pour des classes de vacances chaque matin de 7h30 à 11h30​.​

    ​L​'animation est confiée aux trois enseignants qui se consacrent corps et âme aux enfants en leur proposant diverses activités ludiques et de découvertes. Le mardi et le jeudi le groupe part à la découverte des environs​.​ ​A​près le départ des enfants​,​ l'après-midi Chan propose des formations aux ​institutrices et aux plus grands.

    Binôme 2 Gisenyi 2  

    Formation des enfants ET des enseignantes au jeu de mémory

    ​C​ette semaine​,​ elles ont une formation à la lecture narrative de livres en kinyarwanda dans le but de capter l'attention des enfants. ​D​'autres apprentissage​s​ aux jeux de société​,​ tels les domino, memory, ​m​ikado.... des jeux qu' elles n'ont jamais vus ni touché​s​...tout est nouveau pour elles et pour les enfants....​L​'association a reçu de ses membres de nombreux jeux peu utilisés car inconnus​.​

    ​U​n peu de notre temps a été de reconstituer avec les plus grands les puzzles en triant les jeux complets et incomplets ....il n'est pas rare de retrouver quelques pièces manquantes de ci de là.... mais il y a encore du travail ....​n​ous ne nous ennuierons pas la semaine prochaine!  

    Binôme 2 Gisenyi 2 

    ​I​l y a tous les après-midis des cours simples de vocabulaire et de lecture compréhension en français et également en anglais. Notamment pour Moise qui doit présenter son examen d'entrée dans une école primaire privée, il a été parrainé pour un an, par Jocelyne ​N​am​s​ene,  membre de l​' asel.

    Quelques heures de cette semaine ont été consacrées à un nettoyage du jardin et quelques apprentis jardiniers enfants ont souhaité se joindre à nous. ​L​a porte de la grille a été repeinte et de nouveaux jolis cailloux blancs recouvre​nt​ maintenant notre chemin d'accès à l'école​.​.  ​S​urprenant n​'​ est​​ ce pas​​ ​...déc​idé dès le matin, ce joli sentier existe l'après-midi :​ ​vivacité d'Aristide, rapidité du livreur, spontanéité de trois ouvriers répand​eurs.​ ​Et  en deux temps trois mouvements c'était fait!

    Binôme 2 Gisenyi 2

    Beaucoup de moments d'émotion​s​ positives ont jalonné cette semaine mais un moment tout particulièrement intense fut la présentation des œuvres de peinture d'Éric, il a 16 ans et est déjà un véritable artiste. ​S​on tableau de ​S​aint François d'Assise d​' 1 m de haut a véritablement touché Chan.​ ​Elle voulait le lui acheter mais il a répondu que c'était cadeau!​ ​Son petit catalogue de projets est très prometteur et l'association a bien fait de décider d'encourager ce talent!

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    Autre moment intense de la semaine​:​ le jour de notre arrivée, guidées par Aristide, nous montons en longue colonne avec les enfants vers la maison de maman Moïse​ dans les hauteurs des collines​. L' association a décidé d'agrandir et d'aménager correctement ​son​​ logement et les travaux ont déjà bien avancé depuis une dizaine de jours. ​L​es ouvriers sont toujours à l'ouvrage.​ L​e sourire de cette maman seule avec ses 7 enfants en dit long sur son bonheur de bientôt vivre au sec et dans plus d'espace avec toute sa famille.

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                                         La maison de Mama Moise avec ses 7 enfants est en construction 

      

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    Et au milieu de tout ce travail et de toute cette poussière soulevée... quelques  petits moments de répit nous sont offerts par la magnifique nature dans laquelle nous vivons: majestueux lac Kivu et le clapotis léger de ses vaguelettes, coucher de soleil aux couleurs rosée​s​ sur les collines du Congo voisin, ballet des pirogues élégantes naviguant en trio au crépuscule vers leur nuit de pêche...

    les pêcheurs s​encourageant par des chants résonnant vers toutes les rives​, les rires des enfants se baignant dans cette eau si belle, ambiance de Riviera sous les palmiers,  bananier​s​ et paillot​t​e​s.​ 

     

    Binôme 2 Gisenyi 2 

    Binôme 2 Gisenyi 2  Binôme 2 Gisenyi 2  

    Binôme 2 Gisenyi 2

     

     ​Q​uand je vois l'enthousiasme des jeunes​: Salva 14 ans ​qui ​anim​e  le groupe par ses chants et ​qui ​transmet sa passion de la musique au​x​ plus jeune​s,​ le talent d'Éric 16 ans dans sa Binôme 2 Gisenyi 2peinture​, le petit Moïse 10 ans​ et​ ses talents de danseur​, l'envie ​d'aider ​d​'Elissa,​ tous ces rire​s​ et ​c​es grands yeux sont de beaux moments de bonheur​,​ pour eux comme pour nous​.​

    Binôme 2 Gisenyi 2

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    Nous revenons à Kigali. Rendez-vous est pris avec un nouvel arrivant, l’abbé Ildephonse, qui vient nous chercher pour nous emmener dans la paroisse de Rutonde. Nous avons quitté la première paroisse de Rwaza de 1902, pour retrouver la dernière paroisse créée il y a un an tout juste, le 26 novembre 2017. Avec lui nous retrouvons la petite école du bout du monde, en haut de la colline. 
     
    retour à Rutondé
     
     
       Comme nous sommes en vacances, seul le directeur Jean-Paul nous accueille. Là, c’est le choc : désordre, saleté et délabrement dans les classes maternelles nous font un très mauvais effet. Il faudra un entretien avec Jean-Paul et l’abbé Ildephonse pour comprendre ce qui ne tourne pas rond.
     

    retour à Rutondé.... LE CHOC

    Notre réunion 

     
    Nous relevons surtout une instabilité des enseignants qui s’explique par un très faible salaire, un encadrement insuffisant et l’attractivité des écoles privées fréquentées par un public moins pauvre et dont le niveau des minervals permet un meilleur salaire. Jean-Paul est visiblement débordé par une charge qu’il remplit gratuitement depuis 2 ans, alors que son école primaire lui cause des soucis et requiert l’essentiel de son temps et de son énergie. Ses déplacements quotidiens de 4 heures par jour viennent rendre sa tâche impossible.
     
     
    De retour à la paroisse, l’abbé nous fait part de son encouragement au travail de l’association et à son souhait de la voir continuer sa mission de soutien à l’éducation des tout petits. C’est lui-même qui prendra la responsabilité de l’école maternelle et de s’occuper des enfants qui vivent souvent des situations familiales et sociales difficile dans cette lointaine banlieue de Kigali. Nous viendrions désormais en appui pour former les enseignants, fournir du matériel scolaire et des jeux, dans la mesure de nos moyens limités. Nous attendons un prochain passage avant toute décision du CA.
     

    retour à Rutondé.... LE CHOC 

     
     
     
     
     
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  • Nous laissons Gisenyi pour rejoindre Rwaza aux pieds de la chaîne des volcans des Virungas.

    RWAZA résiste

     
    Chan y a créé la petite école Sainte Marie des Anges il y a 2 ans. L'abbé Narcisse nous accueille dans sa très ancienne paroisse fondée en 1903.

    RWAZA résiste

    En sa compagnie, nous visitons la section maternelle où les enfants reçoivent leurs bulletins. Bien vite un attroupement se forme et Chan entre en contact avec les enfants. Elle lance des chants du répertoire enfantin et ils enchaînent en chœur, avec le même entrain que nous leur connaissons partout.

    RWAZA résiste

    Nous passons dans les classes où Chan retrouve avec bonheur les signes d'une pédagogie vivante, les affichages et les rangements de classes où il doit faire bon vivre. Comme c'est chouette de voir qu’un travail de formation réalisé 2 ans auparavant a laissé des traces. Ce qui est semé a porté des fruits et Chan envisage d’y revenir bientôt en compagnie de Bernadette Fosset qui arrivera le 22 novembre pour prendre la relève de Freddy. Nous leur laissons une partie du matériel pédagogique apporté par Françoise et Christiane à Gisenyi. Dans les deux classes, il manque encore des livres et des jeux. Ce sera pour la prochaine visite.

    RWAZA résiste 

    Dans le fond, et sur le côté droit, on peut apercevoir les bâtiments fermés

     A côté de l’école maternelle, nous remarquons des bâtiments inoccupés. L’abbé Narcisse nous raconte qu’il s’agit des bâtiments de l’ancienne école primaire fermée suite à une décision du Ministère de l’Education Rwandais. La blessure est encore vive car son visage s’assombrit. Nous n’insistons pas par délicatesse, mais nous nous rendons compte de plus en plus que nous sommes loin d’être les seuls à avoir fait cette pénible expérience l’an dernier. Les élèves ont été accueillis à l’école voisine de l’Etat, mais au niveau d’enseignement faible. Paradoxe : alors que le taux d’échec aux examens d’Etat de fin de primaire est élevé, les anciens élèves de l’école primaire de son école ont presque tous réussi et sont parmi les meilleurs classés.
     
    Mais que deviendra le niveau de ceux qui ont quitté l'école et les petites classes ?
     
     
     
     
     
     
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  •                                                   Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    Après un voyage qui nous a fait traverser le Rwanda d’Est en Ouest, nous sommes arrivés à Gisenyi le 1er novembre, tard le soir. En chemin, nous avions fait halte à Kigali pour déposer les valises d’artisanat qui partiront en Belgique avec Freddy et charger les valises destinées à l’école Saint François d’Assise du lac Kivu. Nous emportions aussi une grosse trentaine de tabourets fabriqués par l’atelier Cœur de Marie de Nyagahanga pour l’école de Gisenyi. Un vrai traffic…

    Nous passons la nuit au monastère de Kigufi pour y participer à la messe des défunts du 2 novembre à l’intention de Sarahmoon. Le prêtre officie en Kyniarwanda mais s’exprime en français lorsqu’il fait mémoire de la fille bien aimée de Chan.

    Nous nous installons ensuite près du Lac Kivu à côté de l’école. Nous sommes accueillis par Aristide, le dévoué directeur, et les deux enseignantes avec qui nous faisons connaissance, car elles sont nouvelles. Nous saluons aussi Vestine, la femme d’ouvrage, qui nous présente sa petite Mélissa née prématurément en juin. Nous pensions donc qu’elle avait 4 mois. Mais au Rwanda on ne compte pas les mois en couveuse, c'est la date de sortie de couveuse qui compte.

    Elle n’en a donc que 3…

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     Le lendemain, nous assistons à l’accueil des enfants par les enseignants. Les chants de salutations accompagnés de gestes et de mouvements dansés se succèdent, en kyniarwanda, en français et en anglais. Ensuite, on rentre en classe en file ordonnée.

    Nous passons dans chaque classe et assistons aux leçons. Malgré une certaine habitude de ce genre de visite, notre admiration reste intacte pour ces enseignantes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes et, bien qu’elles soient nouvelles, appliquent la méthode Montessori en y ayant été initiées par Aristide, le directeur. Les petits rwandais nous étonneront toujours par leur participation docile et la stabilité de leur attention lorsqu’ils sont dans les conditions pédagogiques et environnementales optimales que nous pouvons leur offrir grâce à vous.

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

    Nous avons reçu la visite d’Alain et Marie, un couple d’amis de Chan qui habitent Kigali.

    Ils étaient accompagnés de Françoise et Christiane, deux institutrices chevronnées. Venues de Belgique, elles ont apporté du matériel pédagogique neuf, varié et abondant. Après un temps d’observation, elles ont mis la main à la pâte en s’installant au milieu des enfants et en leur racontant très expressivement l’histoire d’un loup qui aimait qu’on lui dise qu’il est le plus fort jusqu’au moment où la rencontre d’une maman dragon le ramène à plus de modestie. Les enfants, agglutinés sur un tapis autour de la lectrice, l’écoutaient médusés, sans que la langue française, traduite par Aristide, ne constitue le moindre obstacle à leur attention.

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    La fête de fin d’année s’est déroulée selon le rituel traditionnel : discours de bienvenue d’Aristide, brèves allocutions de Chan et de Freddy, présentation ludique des savoirs et savoir-faire et aptitudes corporelles des enfants sous forme de chants, récitations, danses et jeux, en solo ou ensemble. Distribution des bulletins par les enseignantes et épinglage d’un pin UNICEF sur l’uniforme de chacun par Aristide. Après avoir reçu une banane et un quartier de papaye, chaque enfant regagnait ensuite sa place sur le tapis central.

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution  

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution                         Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution   

    Dans nos interventions, nous avons mis l’accent sur la responsabilité éducative et le devoir de prise en charge des enfants par les parents. Au cours des conversations qui ont suivi la fête, plusieurs parents dont les enfants sont en âge d’entrer à l’école primaire sont venus nous dire leur satisfaction et leur désir de voir leur enfant continuer des primaires du même niveau. « Lorsqu’ils sortent d’ici, nos enfants sont du niveau des 2èmes ou 3èmes primaires dans l’enseignement d’Etat et y perdent leur temps…Au bout de quelque temps, ils y perdent même leur niveau. Pourquoi n’ouvrez=vous pas une classe de 1ère primaire ? ». L’argument est pertinent et nous touche. L’expérience passée nous amène cependant à maintenir notre choix de nous limiter au niveau maternel, mais nous les incitons à prendre eux-mêmes en main l’ouverture d’une 1ère primaire, non sans les assurer de notre soutien actif au niveau du matériel et de la pédagogie. Notre association n’a pas l’envergure nécessaire pour faire davantage. Cela nous donne l’occasion de souligner la nécessaire et urgente prise de conscience des adultes et l’importance de l’initiative parentale dans l’avancée éducative de leurs enfants. Tout ne dépend pas que de l’Etat et des ONG. Un changement de mentalité est incontournable de leur part. Accueil souriant mais encore mitigé de nos interlocuteurs…Pour faire un monde, mon Dieu que c’est long... L'important est de rester en chemin ensemble. 

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    Le soir, un entretien cordial avec Jean de Dieu, le vicaire de la paroisse de l’école, nous conforte dans notre volonté de responsabilisation parentale. Depuis la fondation de l’école il y a 4 ans, trop de parents éludent le minerval de 4000 frw (4€) qui leur est demandé mensuellement pour payer, dans la mesure du possible, le salaire des enseignants.  Ils connaissent le bon cœur, voire la culpabilité, des muzungus (blancs) que nous sommes qui n’auront pas la fermeté nécessaire pour exiger le minimum requis ou mener l’enquête sociale qui s’imposerait pour dispenser les parents vraiment nécessiteux. Nous compliquons ainsi sans le vouloir la mission d’Aristide qui est parfois obligé par Chan de reprendre le lendemain des enfants qu’il avait renvoyés la veille.

     

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

     

    Jean de Dieu nous propose de laisser davantage Aristide, épaulé par lui-même, prendre en charge cet aspect difficile à gérer de loin. Il approuve aussi la décision de notre CA de confier à l’institution qui parraine les enfants pauvres de notre école le soin d’opérer la sélection des familles bénéficiaires d’un minerval par ce qui s’appelle à juste titre « la compassion ». Nous constatons que là où les paroisses ont en main la propriété des bâtiments et l’inscription de nos élèves les choses tournent mieux. Beau programme qu’il ne reste plus qu’à mettre en œuvre. Nous y sommes décidés dans l’intérêt de tous, y compris de celui de la durabilité de notre modeste action.

     

     

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