• Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

                                                      Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution

     

    Après un voyage qui nous a fait traverser le Rwanda d’Est en Ouest, nous sommes arrivés à Gisenyi le 1er novembre, tard le soir. En chemin, nous avions fait halte à Kigali pour déposer les valises d’artisanat qui partiront en Belgique avec Freddy et charger les valises destinées à l’école Saint François d’Assise du lac Kivu. Nous emportions aussi une grosse trentaine de tabourets fabriqués par l’atelier Cœur de Marie de Nyagahanga pour l’école de Gisenyi. Un vrai traffic…

    Nous passons la nuit au monastère de Kigufi pour y participer à la messe des défunts du 2 novembre à l’intention de Sarahmoon. Le prêtre officie en Kyniarwanda mais s’exprime en français lorsqu’il fait mémoire de la fille bien aimée de Chan.

    Nous nous installons ensuite près du Lac Kivu à côté de l’école. Nous sommes accueillis par Aristide, le dévoué directeur, et les deux enseignantes avec qui nous faisons connaissance, car elles sont nouvelles. Nous saluons aussi Vestine, la femme d’ouvrage, qui nous présente sa petite Mélissa née prématurément en juin. Nous pensions donc qu’elle avait 4 mois. Mais au Rwanda on ne compte pas les mois en couveuse, c'est la date de sortie de couveuse qui compte.

    Elle n’en a donc que 3…

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     Le lendemain, nous assistons à l’accueil des enfants par les enseignants. Les chants de salutations accompagnés de gestes et de mouvements dansés se succèdent, en kyniarwanda, en français et en anglais. Ensuite, on rentre en classe en file ordonnée.

    Nous passons dans chaque classe et assistons aux leçons. Malgré une certaine habitude de ce genre de visite, notre admiration reste intacte pour ces enseignantes qui donnent le meilleur d’elles-mêmes et, bien qu’elles soient nouvelles, appliquent la méthode Montessori en y ayant été initiées par Aristide, le directeur. Les petits rwandais nous étonneront toujours par leur participation docile et la stabilité de leur attention lorsqu’ils sont dans les conditions pédagogiques et environnementales optimales que nous pouvons leur offrir grâce à vous.

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    Nous avons reçu la visite d’Alain et Marie, un couple d’amis de Chan qui habitent Kigali.

    Ils étaient accompagnés de Françoise et Christiane, deux institutrices chevronnées. Venues de Belgique, elles ont apporté du matériel pédagogique neuf, varié et abondant. Après un temps d’observation, elles ont mis la main à la pâte en s’installant au milieu des enfants et en leur racontant très expressivement l’histoire d’un loup qui aimait qu’on lui dise qu’il est le plus fort jusqu’au moment où la rencontre d’une maman dragon le ramène à plus de modestie. Les enfants, agglutinés sur un tapis autour de la lectrice, l’écoutaient médusés, sans que la langue française, traduite par Aristide, ne constitue le moindre obstacle à leur attention.

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    La fête de fin d’année s’est déroulée selon le rituel traditionnel : discours de bienvenue d’Aristide, brèves allocutions de Chan et de Freddy, présentation ludique des savoirs et savoir-faire et aptitudes corporelles des enfants sous forme de chants, récitations, danses et jeux, en solo ou ensemble. Distribution des bulletins par les enseignantes et épinglage d’un pin UNICEF sur l’uniforme de chacun par Aristide. Après avoir reçu une banane et un quartier de papaye, chaque enfant regagnait ensuite sa place sur le tapis central.

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                           Gisenyi : une école qui tourne bien en pleine évolution   

    Dans nos interventions, nous avons mis l’accent sur la responsabilité éducative et le devoir de prise en charge des enfants par les parents. Au cours des conversations qui ont suivi la fête, plusieurs parents dont les enfants sont en âge d’entrer à l’école primaire sont venus nous dire leur satisfaction et leur désir de voir leur enfant continuer des primaires du même niveau. « Lorsqu’ils sortent d’ici, nos enfants sont du niveau des 2èmes ou 3èmes primaires dans l’enseignement d’Etat et y perdent leur temps…Au bout de quelque temps, ils y perdent même leur niveau. Pourquoi n’ouvrez=vous pas une classe de 1ère primaire ? ». L’argument est pertinent et nous touche. L’expérience passée nous amène cependant à maintenir notre choix de nous limiter au niveau maternel, mais nous les incitons à prendre eux-mêmes en main l’ouverture d’une 1ère primaire, non sans les assurer de notre soutien actif au niveau du matériel et de la pédagogie. Notre association n’a pas l’envergure nécessaire pour faire davantage. Cela nous donne l’occasion de souligner la nécessaire et urgente prise de conscience des adultes et l’importance de l’initiative parentale dans l’avancée éducative de leurs enfants. Tout ne dépend pas que de l’Etat et des ONG. Un changement de mentalité est incontournable de leur part. Accueil souriant mais encore mitigé de nos interlocuteurs…Pour faire un monde, mon Dieu que c’est long... L'important est de rester en chemin ensemble. 

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    Le soir, un entretien cordial avec Jean de Dieu, le vicaire de la paroisse de l’école, nous conforte dans notre volonté de responsabilisation parentale. Depuis la fondation de l’école il y a 4 ans, trop de parents éludent le minerval de 4000 frw (4€) qui leur est demandé mensuellement pour payer, dans la mesure du possible, le salaire des enseignants.  Ils connaissent le bon cœur, voire la culpabilité, des muzungus (blancs) que nous sommes qui n’auront pas la fermeté nécessaire pour exiger le minimum requis ou mener l’enquête sociale qui s’imposerait pour dispenser les parents vraiment nécessiteux. Nous compliquons ainsi sans le vouloir la mission d’Aristide qui est parfois obligé par Chan de reprendre le lendemain des enfants qu’il avait renvoyés la veille.

     

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    Jean de Dieu nous propose de laisser davantage Aristide, épaulé par lui-même, prendre en charge cet aspect difficile à gérer de loin. Il approuve aussi la décision de notre CA de confier à l’institution qui parraine les enfants pauvres de notre école le soin d’opérer la sélection des familles bénéficiaires d’un minerval par ce qui s’appelle à juste titre « la compassion ». Nous constatons que là où les paroisses ont en main la propriété des bâtiments et l’inscription de nos élèves les choses tournent mieux. Beau programme qu’il ne reste plus qu’à mettre en œuvre. Nous y sommes décidés dans l’intérêt de tous, y compris de celui de la durabilité de notre modeste action.

     

     

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  • Commentaires

    1
    régine
    Mardi 13 Novembre 2018 à 13:17

    beau projet ;travail valable car avec les locaux

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